S’il est malaisé de délimiter la Bourgogne, on détermine sans peine les frontières du Morvan, de cet îlot granitique qui dresse ses plateaux jusqu’à une altitude de six cents mètres, entre la Bourgogne et le Nivernais.

Au nord : Avallon ; au sud : le mont Beuvray ; Corbigny à l’ouest ; Saulieu à l’est. Telles sont les bornes de cette fraîche et verte région, qui semble un enfant un peu étiolé né de l’union de la Bretagne et de la Suisse. De celle-ci il a les pâturages, les sapins, les vallées et les rochers, de celle-là le sol de granit, les bruyères, les bois de hêtres et les monuments druidiques. Seule la mer immense et sonore défaille en cette ressemblance du Morvan avec l’Armorique.

Peut-on faire une course plus charmante que d’aller d’Avallon à Autun ? Tout le long du chemin, on côtoie des rivières aux eaux transparentes et qui reflètent si bien le ciel, que l’âme d’un juste u moment de quitter la terre, hésiterait si elle veut monter vers l’azur et l’éther, ou gagner le fond des eaux.

En traversant le val, le touriste frissonne ; atteint-il le faîte de la colline ? Le soleil l’attend et le réchauffe comme une mère tandis qu’il illumine le paysage pour le plaisir de ses yeux, comme une fée ; s’arrêtant sous les frondaisons, hautes comme des voûtes de cathédrale, il y aspire les effluves sylvestres en écoutant le refrain éternel de la source discrète. N’est-ce pas là un séjour de dilection ?

Avallon, point initial de cette course, est une petite ville accroupie sur une hauteur, dans un site tel, qu’il est son principal ornement. La ville domine un ravin au fond duquel le Cousin roule des eaux tumultueuses qui, vues d’en haut, paraissent sombres. Les versants de ce petit vallon abrupt sont couverts de jardins qui semblent suspendus au-dessus de l’abîme où chante l’éternelle chanson des eaux.

Le paysage est plus austère que gracieux, dès que les yeux errent en une vision plus lointaine, vers le sud, parce que c’est le Morvan que l’on aperçoit, altier, sombre et mystérieux. La ville n’a pas la richesse monumentale de Semur, sa voisine. L’Hôtel de Ville du XVe siècle, la tour de l’Horloge, et surtout l’église Saint-Lazare, méritent d’être signalés. Cette église du XIIe siècle, a été restaurée au XIXe siècle. Elle a deux portails romans, dont l’un est muré, avec d’élégantes colonnes torses et ondulées et une voussure à cinq cordons, ornée de guirlandes de feuillages et de fruits. À l’intérieur on remarquera les beaux chapiteaux ; à droite, communiquant avec l’église et une grande chapelle indépendante, de style gothique.

La Grande-Rue aboutit aux Terreaux de la Petite Porte, promenade d’où la vue est très étendue sur la vallée du Cousin.

D’Avallon, deux excursions doivent être faites. La première est celle de Vézelay.

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La seconde excursion que l’on doit faire d’Avallon, est celle de Montréal.

La Bourgogne. Le Morvan. La Bresse de Pierre Huguenin, Couverture d’André Maire. Ouvrage orné de 228 héliogravures. Couronné par l’Académie Française (Prix Monthyon). B. Arthaud, Grenoble, Paris, 1942